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Extraits de lettres
de la Direction aux Agents généraux
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Dijon, 1er octobre 1862 : un étrange combustible
"Depuis quelque temps, les entrepôts du Nord de l'Europe sont encombrés d'un produit récemment importé d'Amérique, et connu sous le nom d'huile de Pétrole ou d'huile minérale.[…]
A un grand degré d'inflammabilité, l'huile de Pétrole joint la propriété plus dangereuse encore, lorsqu'elle est enfermée dans des magasins clos, de dégager des gaz qui, mis en contact avec la lumière, sont susceptibles de produire de violentes explosions.[…]
Les dépôts doivent être établis loin des villes, dans des bâtiments parfaitement aérés et environnés de larges et profondes tranchées destinées à recevoir les huiles en combustion, afin d'arrêter les ravages qu'elles pourraient occasionner ; car, une fois ce liquide enflammé, l'eau ne peut rien pour l'éteindre : c'est un torrent de feu qui porte la dévastation partout où il peut arriver.[…]
Nous sommes donc bien décidés à agir avec une grande prudence quand il sera question d'étendre notre garantie à ces nouveaux produits."
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Paris, février 1867 : "charte graphique"
"L'expérience nous ayant démontré les inconvénients d'avoir des plaques de différents modèles, nous avons résolu de n'en employer désormais qu' une seule dimension moyenne. Nous avons cru devoir également en modifier la disposition. Nous avons supprimé la ruche, qui n'était qu'un emblème inexact et d'un goût douteux. Notre nouvelle plaque portera, sur fond noir et en relief : "L'ABEILLE", avec un filet et quatre abeilles aux angles, le tout doré. Elle sera beaucoup plus lisible, et c'est là surtout ce qui nous a déterminé à l'adopter."
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Paris, 29 janvier 1870 : "pub"
"Depuis longtemps, nous avons remarqué le peu d'utilité des affiches ; elles ont pour résultat d'occasionner à la Compagnie des frais de toutes sortes : impression, envoi, timbre, apposition, etc., sans remplir le but que nous nous étions proposé. Messieurs les Agents le comprennent eux-mêmes, et certains d'entre eux laissent les affiches dormir dans leurs archives qu'elles encombrent inutilement.
Elles ne peuvent rendre quelques services que placardées dans les cafés et cabarets, et pour cela il suffit d'un petit nombre dont l'apposition ne coûte rien.
Nous avons donc résolu de supprimer presque entièrement cette partie du matériel, et nous n'admettrons plus au crédit de Messieurs les Agents généraux aucun frais d'apposition.
Le meilleur moyen de publicité consiste dans la distribution de nos prospectus qui contiennent tous les renseignements désirables. Nous ne saurions trop vous engager à les répandre le plus possible."
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Paris, 27 août 1870 : "la guerre menace"
"La ville de Paris pouvant être investie d'un moment à l'autre, nous croyons devoir donner dès à présent quelques instructions indispensables.
Jusqu'à nouvel ordre, vous voudrez bien vous abstenir de réaliser des assurances sur risques des fabriques et usines, ainsi que sur tous risques de 2e classe.[…]
Il sera bon de vous occuper activement du recouvrement des primes, mais vous suspendrez toute poursuite et vous vous bornerez à adresser aux assurés des mises en demeure, qui pourront, en cas de sinistre, sauvegarder nos intérêts dans la mesure du possible.
Si des avis de sinistres vous parviennent pendant l'interruption des communications, vous ferez comprendre aux assurés l'impossibilité où nous serons de procéder aux règlements jusqu'à ce que les choses aient repris leur cours normal.
Nous vous serons obligé de nous envoyer de suite en billets de banque sous plis chargés, valeur déclarée, tous les fonds que vous avez en caisse. Si la Poste refusait de s'en charger, vous les garderiez à notre disposition."
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Paris, juillet 1871 : "la qualité de souscription"
"En suivant attentivement la marche des sinistres, nous avons remarqué que depuis quelque temps surtout, ils frappent un assez grand nombre de polices nouvelles ou de polices sur lesquelles il vient d'être fait des augmentations.
Notre attention a été à juste titre éveillée sur ce fait et nous craignons que la spéculation n'y soit pas étrangère. Il nous semble donc opportun de vous recommander plus instamment que jamais de ne réaliser aucune affaire nouvelle, ni aucun avenant d'augmentation avant de vous être renseigné avec le plus grand soin sur la situation et la moralité de l'assuré. Si les informations sont mauvaises, ou même s'il y a doute, abstenez-vous. Nous perdrons une police, mais nous n'aurons pas à redouter un sinistre."
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Paris,16 mai 1873:pour vivre heureux,vivons cachés
A propos de la nouvelle loi sur le timbre, taxe sur les sommes d'argent envoyées par courrier.
"L'Administration du Timbre élève la prétention d'aller dans chacune de nos agences pour y vérifier si nous nous soumettons aux exigences des lois sur le timbre.[…] Nous ne voulons pas prendre à ce sujet de résolution définitive sans mûr examen, mais provisoirement nous ne devons pas vous laisser sans instruction, car au premier jour, vous pouvez être exposé à recevoir la visite d'un Inspecteur du Timbre et de l'Enregistrement.
Donc si cet Inspecteur se présente, bornez-vous à lui communiquer vos Polices, votre Registre de quittances, votre Journal d'assurances et votre Livre de caisse : nous ne croyons pas que l'Administration puisse avoir légitimement la prétention d'étendre plus loin ses investigations.
S'il vous demande communication d'autres pièces, répondez que vous n'avez rien d'autre, et prenez vos mesures pour ne pas laisser tomber sous ses yeux les quittances de primes détachées du Livre à souche, votre correspondance, ainsi que celle de la Compagnie et toutes les pièces relatives aux sinistres. Au reste, soyez très sobre d'explications avec lui."
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